CMV et grossesse
Solène a contracté le Cytomégalovirus entre le 2ème et le 3ème mois de grossesse de sa maman. C’est malheureusement à l’annonce du diagnostic que nous avons fait la connaissance de ce virus dont nous n’avions jamais entendu parler jusque-là... Le Cytomégalovirus (CMV) est un virus peu connu ; de ce fait en France peu de gynécologue en parlent. A la différence de nos voisins belges qui dépistent systématiquement la toxoplasmose et le CMV pendant les grossesses, le dépistage du CMV ne se fait que très rarement ; nos médecins-spécialistes semblent peut-être persuadés que les conséquences graves sont tellement rares qu’il n’est pas nécessaire de stresser inutilement les futures mamans... Mais en s’intéressant un temps soit peu au sujet, nous découvrons assez vite, et avec étonnement, que ce virus (de la même famille que l’herpès, le zona ou la varicelle), toucherait la moitié des adultes de la planète et serait la plus fréquente des infections virales materno-foetales. L’infection à CMV passe le plus souvent inaperçue ou au pire peut donner de légers symptômes similaires à ceux d’un état grippal banal (petite fièvre, fatigue, courbatures, etc .)...rien d’alarmant en apparence. Souvent latent, de nombreuses personnes ne savent même pas qu’elles ont été en contact avec ce virus. S’il n’est pas si grave pour une personne en bonne santé, il peut l’être pour celles « immunodéprimées » (personnes atteintes du VIH, d’un cancer ou transplantées) et pour les femmes enceintes qui peuvent le transmettre au fœtus. Une majorité des femmes enceintes a pu déjà être en contact avec le CMV pendant leur propre enfance et avoir donc pu développer des anticorps ; le virus est alors sans danger pour le futur enfant. En revanche, le virus est plus dangereux lors des primo-infections (0,3 à 2,4 % des femmes enceintes), particulièrement s’il survient pendant le premier trimestre de grossesse. Dans ce cas, le virus incubé par la mère franchit facilement la barrière placentaire, et se transmet directement au fœtus par voie sanguine dans 50% des cas. A la naissance, de 5 à 10 % de ces enfants infectés in-utéro présenteront de graves séquelles neurologiques (déficit intellectuel, déficit moteur, épilepsie) et neurosensorielles (visuelles et auditives). Si vous n’êtes pas immunisé, il n’existe pas de vaccin, ni de traitement mais quelques règles d’hygiène de base (assez proches de celles recommandées lors des épidémies de grippe ou de gastro-entérite ) peuvent éviter une contamination pour les femmes enceintes : - se laver les mains très souvent, - ne pas lécher ou utiliser les mêmes couverts que ceux déjà utilisés par un enfant en bas-âge, - éviter de changer les couches ou laver le pot de l’enfant (sinon mettre des gants en latex puis se laver les mains), - ne pas prendre son bain avec son enfant (risque de contamination par l’urine) et ne pas utiliser la même serviette, - ne pas embrasser les enfants sur la bouche, - laver régulièrement les jouets. Important : le conjoint doit lui aussi suivre les mêmes précautions car le CMV peut aussi se transmettre par le sperme et les sécrétions du vagin et du col de l’utérus. Les lieux de vie de la petite enfance (crèches, haltes-garderies, cabinets de pédiatrie, écoles maternelles, etc.) sont les sources principales de contamination au CMV qui se transmet facilement d’un individu à l’autre par les sécrétions corporelles (salive, urines, sang, liquide lacrymal, postillons lors de toux, etc.). Les personnes les plus vulnérables sont les femmes enceintes ayant déjà un enfant en âge de fréquenter ces lieux de vie ainsi que celles travaillant dans des structures accueillant des enfants. Si vous êtes dans une de ces situations, ne prenez pas de risques et faites-vous dépister, quitte à faire pression sur votre gynécologue s’il ne vous le propose pas. Cela vous permettra de savoir, par l’intermédiaire d’une simple prise de sang dans un 1er temps, si vous avez des anticorps. Les personnes les plus vulnérables sont les femmes enceintes ayant déjà un enfant en âge de fréquenter ces lieux de vie ainsi que celles travaillant dans des structures accueillant des enfants
Témoignage « CMV : ce virus qui a tué mon enfant et dont personne ne parle » texte de Yann Champion, papa d’Aubin. Soutien aux familles via l’association « chantermarchervivre.org » http://www.doctissimo.fr/html/grossesse/pendant/facteurs_risque/13919-cytomegalovirus.html https://fr.wikipedia.org/wiki/Cytom%C3%A9galovirus https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/CMV_rap.pdf (rapport de l’ANAES sur « L’évaluation de l’intrêt du dépistage de l’infection du CMV chez les femmes enceinte en France - 2004)